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05.04.2013

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Le 5 avril, c'est le jour de la mort de mon père. C'était en 2009 et je faisais une performance au Transmodern Festival à Baltimore. J'ai dispersé les cendres de mon père à Biarritz, au Pays Basque, terre de mes ancêtres, à pleines mains, un dimanche de Pâques. Sur le rocher de la Sainte Vierge, vers l'océan, c'est-à-dire contre le vent. Aucun terme n'illustre mieux l'expression de ces cendres qui revolaient dans ma face et se glissaient à travers les plis de mes vêtements. Terreuses, dures, noires.
Lorsque mon ami David m'a invité à improviser avec lui à New York le 5 avril cette année, j'ai dit oui tout de suite. Nous avons donc joué ensemble au Spectrum. Ironie sur ironie. Conjurer le sort de la migration par la migration. David est venu visiter Montréal le 22 juillet suivant et son père, qui vit à Baltimore, est mort ce jour-là. David est un bon ami.

Sur la route pour New York le 5 avril : Bourgeons. Chercher le peuplier baumier, chercher à le sentir, sentir à le chercher, admirer la silhouette des branches garnies de bourgeons, pompoms, bijoux de perles.
Son propolis. Ce son coule comme du miel : son propolis, son propolis.
Lichens sur les pierres, comme des peaux. Mue des pierres, peau des pierres. Un héron, dans son nid, sur un poteau électrique, dans la ligne bleue. Contradiction, il fait du bien d'arriver sur l'île de Manhattan par ponts et tunnels et de voir « toute cette nature ». Sentir le réchauffement.
Jonquilles, les premières, les plus voyantes et orgueilleuses. Colonies de lamier pourpre dans le stationnement. Mouches, moustiques. Lierre, mélisse, oignons, jacinthes, pissenlits. Et les arbres de la grande pomme ! Bourgeons verts blancs tout neufs et prêts à éclater.